Les enjeux de l’écriture journalistique
Les enjeux de l’écriture journalistique
Tout d’abord,
dans la mesure ou un article est un acte de communication qui doit
obligatoirement, dans le cas du journalisme, être potentiellement interactif
(comme exercice d’une liberté démocratique, ouvert sur l’autre, le public, est
son apport), la maitrise de la langue d’écriture est indispensable, pour un
journaliste. « Pour faire comprendre, il faut d’abord avoir bien
compris soi-même de quoi l’on parle. Rien de tel pour être clair, et il n’est
pas interdit de savoir le français, ce que beaucoup de le journaliste française
Françoise Giroud »
Une
connaissance approximative ou déficitaire de cet outil de base qu’est la langue
peut mener
le journaliste,
malgré lui, ou en toute bonne foi, a commettre des manquements a un principe ou
règle déontologique : tombe dans le jugement de valeur par le choix
inadéquat d’un adjectif qu’on croit neutre, tomber dans l’affirmation expresse,
par méconnaissance des règles syntaxiques et grammaticales qui permettent
marquer sa réserve quant au degré d’exactitude de ce qu’on avance, de ne pas
faire preuve de distanciation vis-à-vis d’une position partisane (par le choix
des mots, de la forme grammatical, du temps employé, du ton adopté, de la
ponctuation…)
Les exemples
sont à l’infini, et le problème devient devient évidemment critique par rapport
aux sources, tant il s’agit, déontologiquement, de ni en trahir les propos, ni
en détourner le sens, même par maladresse ou par incompétence linguistique de
la part du journaliste.
Le journaliste
est supposé, par définition, être au fait de toutes les richesses et les
faiblesses de la langue qu’il utilise pour rendre compte au lecteur.
La
méconnaissance d’une langue peut aussi poser des problèmes d’ordre déontologique,
quand le journaliste est appelé à traduire d’une langue à une autre, ce qui est
le cas dans une grande majorité de pays et de médias, (dans les pays du sud que
dominent des sources étrangères au plan de l’actualité internationale __ les
grandes agences mondiales de presse notamment ___ ; dans les pays du nord
ou la méconnaissance des langues locales des pays du sud ne leur permet pas
d’accéder à une autre version que la leur ou celle traduite approximativement
par des interprètes de circonstance…). Sans oublier que seule la maitrise de la
langue, d’une, de deux ou plusieurs, peut véritablement aider un journaliste à
autre règle déontologique : la mise en contexte. Ce que Edgar Morin
appelle la contextualisation : contextualisation d’un événement, d’un
propos livré par une source dans sa langue…. La logique de l’objectivité,
c’est-à-dire qu’il hypothèque la présentation à un propos clair, exact,
complet, honnête, impartial et mis en contexte.
« L’emploi
de certains procédés linguistiques comme la juxtaposition, l’introduction de
pronoms ou noms généralistes qui laissent planer une certaine ambiguïté
factuelle, ou même l’emploi de verbes quasi-synonymes font pencher les
pseudo-faits du côté de la subjectivité ».
D’un autre côté, et comme on l’a déjà relevé précédemment, la langue
peut poser un problème éthique majeur quand elle ne permet pas de toucher le
maximum de gens parmi de public auquel le journaliste doit un droit à
l’information, de par sa responsabilité de « contribuer au bien-être
général en informant les gens et en leur permettant de se former un avis sur
les grandes questions de l’époque » , comme le précise, par exemple,
la « Déclaration de principes »des rédacteurs en chef de
l’American Society of News Paper Editors.
L’utilisation d’une langue d’élite, d’une langue inaccessible à la
majorité des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, peut être source de
nuisances déontologiques, du moment qu’un média prétend être d’intérêt public
(comme les radios et télévisions
publiques) ou à son service, ce que revendiquent généralement tous médias dans
un pays.